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Réalisateur Michael Mann
Acteurs Colin Farrell, Jamie Foxx, Gong Li
Genre Polar Carambar
Durée 2h15

Mettons les choses au clair, Mann tient depuis longtemps une place de choix dans mon cinema, celui cher à mon coeur, donc il m'est d'autant plus difficile de parler de ce méfait (comment l'appeler autrement) sans avoir à l'esprit les chef d'oeuvres que constituent Collateral, Heat ou bien encore The Last Of The Mohicans. Ce pourquoi je me permet humblement de douter du bien fonder de cette adaptation(?).
Alors certes, la mise en scéne est toujours aussi classieuse, logique vous me direz, idem pour la photo qui nous décolle littéralement la rétine des yeux, pas de surprise non plus de ce côté là, et pour ce qui est de la réalisation, y'a pas à dire , ça claque sévére, bref tout ce qu'on peut attendre d'un Mann en somme, même mineur et du coup bien moins coûteux (comprenne qui pourra). Efficacité serait le mot d'ordre si, et c'est là que le bat blesse, le réal n'avait pas cette man(n)ie de vouloir à tout prix flatter son égo démesuré, d'où découle, conséquence inéluctable, une montagne de défaut facheux qui entache considérablement le visuel et laisse un goût amère dans la bouche.

A trop vouloir se borner à appliquer ses experimentations foireuses, le real en oublie de greffer une personnalité à ses deux flics de choc. Ce serait beaucoup moins grave si il n'y avait pas ces fameux passages de sexe, montés d'une telle manière que ça frise le ridicule. Chacun se tape sa gonzesse, à une demi heure d'intervalle, avec un passage obligatoire dans la douche sinon ça le fait tout de suite moins, tout ça pour nous montrer que nos deux niqueurs professionnels sont de véritables hétéros, de vrai dur on vous dit. Sauf que ces dites scénes ne sont là que pour caresser le spectateur dans le sens du poil, ce que ce dernier prend tout de suite pour une petite gourmandise offerte généreusement par le réal, alors qu'elles ne devraient être en cela que suggérer.

Mais ce que Mann se dit au fond, pure spéculation, c'est que maintenant qu'il a le spectateur dans la poche, il va pouvoir enfin s'amuser avec ses nouveaux joujoux et emmener le spectateur, prit en otage malgré lui, dans des scénes toutes plus vaines les unes que les autres. Une poignée de nibard, c'est bien beau mais hors propos, ça n'a aucune raison d'être à part pour surveiller si la plastique de Gong Li est encore digne d'intérêt. Pareillement, la scéne à la havane est joliment filmé mais totalement inutile, comme toutes les scénes en offboard du reste. Et qu'est ce que c'est long et ennuyeux! Entre les 20 premières minutes (dans la boite de nuit, impeccable, sec et brutal et puis de la manière dont l'histoire est amenée jusqu'à que ça parte en vrille) et les 20 dernières (scéne du bingalow totalement maîtrisée, fusillade finale monumentale, le bruitage est saisissant, c'est le moins que l'on puisse dire) force est de constater qu'il ne se passe pas grand chose, sur un film de 1H30, ça peut allait mais pas quand l'objet dure plus de 2h15, on sature, forcément.

Quant aux dialogues, à les écouter, on ne se croirait pas devant un polar rugueux comme le début pouvait le laisser présager. On a plus l'impression de matter une carte postale en mouvement et ce durant plus d'une heure trente, où les deux acteurs principaux se tire la gueule (un petit sourire, ça ne fait de mal à personne, à moins que ce soit vraiment une histoire de sourcil) en se demandant ce qu'ils vont bien pouvoir foutre tout le reste du temps. Les acteurs s'emmerdent et nous aussi. Malgré tout, Gong Li s'en sort bien et bénéficie d'un traitement à la hauteur de son talent et de quelques répliques qui relèvent le niveau, mais en comparaison au script tout aussi classique de collateral, c'est très mince et on était en droit d'espérer beaucoup mieux que cette simple histoire de traffic de drogue, déjà vu et revu ailleurs avec nettement plus de maestria.

Comme quoi, on a beau s'appeler Mann, on est pas à l'abri d'un faux pas. Espérons tout de même que l'épisode Miami Vice version Mann ne restera qu'un mauvais souvenir dans la filmo, presque, irréprochable de ce grand monsieur car il se pourrait bien à l'avenir que cela porte préjudice à son intégrité, si les choses ne changent pas d'ici sa prochaine réalisation. Et, en l'état, c'est un peu ça le plus regrettable dans l'affaire.


Tekila

Le 18/09/2006

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